jeudi 28 mars 2013

Le Blues venu de Suède

L'artiste dont il est question nous vient en effet d'Europe et de Suède plus précisement. The American Show parle de musique nord-américaine au sens large et on trouve de très beaux représentants de cette musique en dehors de ses frontières. Le jeune Robert Hill fait ainsi partie de ces derniers.

Il a 20 ans à peine et ce songwriter fait déjà montre d'une maturité musicale désarmante. Il nous offre dans son premier album "What Are We Waiting For", un mélange Blues-Folk que ne renierait pas les géant du genre comme Woody Guthrie, Leadbelly ou le Rev. Gary Davis dont Robert Hill avoue avec fierté l'influence.


Dès la pochette de l'album le ton est donné. Ce "hobo" marchant le long d'une voie de chemin de fer rappelle le film "Bound For Glory" de 1976 dans lequel David Carradine joue le rôle de Woody Guthrie. Cliché ? Détrompez vous, cet album est un respect scrupuleux de l'esprit des pionniers avec comme force première la quintessence de cette musique : l'âme et la sincérité.



Ce sont là deux éléments indispensables pour celui qui veut interpréter du Blues façon Delta comme sur "I Read Them Morning Papers", "Debt Blues", et même "What Are We Waintg For" où le producteur de l'album, Brian Kramer, vient en renfort à la guitare slide.

L'ensemble du disque est très intimiste et Robert Hill nous propose avant tout un duo voix-guitare parfois agrémenté d'un harmonica. Avant tout Blues, ce CD propose aussi quelques titres Folk à la voix plus légère dans une ambiance "à la Kerouac".

Avec des interludes parlées sur le début de certains morceaux, il nous démontre qu'il est un vrai Songster moderne doté d'un vrai talent pour méler histoires actuelles et musiques intemporelles.

Enregistré Live au studio Scarecrow à Stockholm en Janvier 2012, cet album est captivant. On vous le recommande chaudement !

mardi 19 mars 2013

Prêt ? 1, 2, 3 Partez...

Dans The American Show on parle beaucoup de nouveautés mais on fouille aussi les greniers, les arrières boutiques de disquaires et autres coffres d'Ali Baba. C'est ainsi que je vous sort ces vieux vinyles d'un autre temps. Et cette fois-ci on va s'arrêter sur un disque de Jerry Reed paru en 1983 et intitulé "Ready".

Pochette de l'album Ready de Jerry Reed

Nous sommes donc au début des années 1980 et Jerry Reed revient d'une période où il s'était d'avantage consacré au cinéma. Nous ne parlons pas ici d'un de ses plus illustres albums mais il reste malgré tout un excellent enregistrement de Country Music.

Nous ne sommes pas non plus ici dans la Country-Pop façon Alabama ou The Nitty Gritty Dirt Band dont nous parlions ici, mais plutôt dans un travail un peu plus Old School porté par la voix grave et profonde de Jerry. On se retrouve par moment dans une ambiance assez Trucker. De la bonne Country des familles quoi ! 

Fermez les yeux et imaginez la route défiler sous les roues de votre camion ou pickup, Mr. Reed vous emmène dans l'arrière pays, au coeur de l'Amérique. Et ça commence avec le lieu même de l'enregistrement. Hormis quelques prises supplémentaires faites à Nashville, cet album sort des grands studio de Music City pour aller dans le bon vieux Sud des Etats-Unis, à Muscle Shoals, Alabama. La galette est produite par Rich Hall qui met la main à la pâte à la fois comme ingénieur du son, batteur et choriste. 

Du côté musical l'album est plutôt homogène, et c'est un élément positif. L'album nous tient ainsi en haleine au fil des 10 titres sans perte de régime ou cassure. Les balades ont sans conteste leur place aux côté des morceaux plus groovy. Car il faut bien dire que la dynamique générale est plutôt "Up-Tempo". 

Les titres sont tous à la hauteur du "Guitar Man" avec des arrangements travaillés, justes et qui ne tombent pas dans la surenchère (chose assez rare à l'epoque pour être soulignée). Difficile de choisir quelques titres phares. On peut tout de même parler de "I'm A Slave" sur les différentes choses de la vie qui, malgré nous, nous enchaîne. C'est surtout parce que cette chanson rappelle à la fois dans le fond, mais également un peu dans la forme, le célébre "Smoke! Smoke! Smoke!" écrit par Merle Travis et Tex Williams et repris aussi par Tex Ritter.

 

Vous pouvez également faire un deuxième arrêt sur "Raised On Rock And Roll", texte on ne peut plus biographique d'un artiste qui a connu le succès tant dans le monde de la Country Music que dans celui du Rockabilly.

A ce sujet, je vous conseille une excellente biographie de Jerry Reed (en anglais) par le Rockabilly Hall Of Fame : http://www.rockabillyhall.com/JerryReed.html

Et pour finir je vous laisse sur une petite vidéo de Jerry Reed en bonus avec ce "Papa's Knee".



vendredi 1 mars 2013

"Show Me The Steps"

Voilà ce que l’on pourrait appeler une nouvelle-vieille découverte. En clair, Billy Marlowe est un artiste américain qui a été totalement oublié dans l’histoire de la musique américaine et pour cause, il n’a jamais vraiment eu l’occasion de démarrer une vraie carrière. Tout juste le temps de démarrer un premier travail.
 

L’histoire se déroule durant l’été 1983, en Juin plus précisément. À cette époque, Steve Satterwhite vient d’ouvrir un studio d’enregistrement, le rêve de sa vie, dans l’East Village à New York. Et c’est le moment que choisi Billy Marlowe pour se décider à enregistrer quelques chansons qu’il tenait jusque là enfermées dans un carnet. Les deux hommes se lancent alors dans la production d’un album démo poussé. Mais ce travail qui fut alors éditer sur quelques LP et cassettes ne réussi pas convaincre les différentes maisons de disques où Billy se présente. Fin de l’histoire.

C’était sans compter sur le label NewTex Records qui a remis la main sur quelques exemplaires originaux pour nous sortir 28 ans plus tard, une version CD. « Show Me The Steps » est donc l’unique testament musical et peut-être la seule biographie de Billy Marlowe qui ne sera jamais édité tant l’homme a disparu aussi vite qu’il était apparu. Pourtant cet album mérite vraiment le détour.


On retrouve ici un esprit Folk des années 1980, post-hippy. On oublierait facilement qu’il s’agit d’un premier enregistrement tant les arrangements sont grandioses, profonds, cinématographiques. La voix de Billy rappelle par endroits Bob Dylan et ses textes font preuve d’une sincérité poétique. Les mélodies sont le plus souvent soutenues par le duo basse/piano dont on connait le résultat douillet qu’il produit. On notera également un très beau « Mama Was Right » très Dylanien et même un harmonica Jazzy à la Toots Thielmans sur « Never Figured You For Gone ».

Vous l’aurez compris ce disque est intemporel et s’il a su résister au gouffre de l’oubli par delà les années c’est pour finir dans le creux de vos oreilles. Coup de Cœur !

En bonus cette vidéo du morceau "Show Me The Steps" composée à partir de photos d'archives de la vie de Billy Marlowe :