jeudi 28 février 2013

Artiste à découvrir : Rich Mahan

Rich Mahan est un guitariste-chanteur de Country Music qui vient de sortir au début de cette année son tout premier album : "Blame Bobby Bare". Mais il en connait un rayon dans le domaine de l'industrie musicale puisqu'il a longtemps été responsable marketing et promotion pour de grandes majors comme Rhino ou EMI.

Une chance pour le gaillard puisqu'il a pu réunir une super équipe autour de lui composée de grands instrumentistes. Enregistré au Rendering Plant à Nashville sous la houlette du producteur Brian Harrison on retrouve donc derrière les micros des personnes telles que P.T. Gazell, le formidable harmoniciste, ou encore le joueur de Pedal-Steel Roby Turner. Ces-derniers ont l'art et la manière de donner du relief aux morceaux comme avec "Rehab's For Quitters" ou les superbes lignes d'harmonica de "The Hills Of South Dakota".


L'album du Rich Mahan est avant tout un travail Country-Rock dans un esprit 70's. On retrouve d'ailleurs parmi les choeurs Bekka Brammett du groupe Fleetwood Mac sur "Favorite Shirt", morceau qui est beaucoup plus bluesy lui. "Overserved In Alabam" porte en revanche bien haut les couleurs de ce style néo-vintage.

L'album de Rich se veut, comme son nom l'indique, être un travail qui souligne l'influence du chanteur Country Bobby Bare dans sa vie et dans sa vision de la musique. Le père de Rich Mahan était en effet un grand fan de ce chanteur. Mais le Rock'n'Roll tient également un bonne place dans la tracklist, Dans "Blame Bobby Bare", s'il est certes question de morceaux d'inspiration assez Classic, on a droit à une musique malgré tout résolument moderne.

Un album Country jamais cliché, ce premier essai est une réussite qui en appelle d'autres. Affaire à suivre...

Le site de Rich : http://www.richmahan.com/

lundi 25 février 2013

Steve Mednick – "Immigrants… And Other Americans"

Steve Mednick est un auteur – compositieur qui nous vient de New Haven dans le Connecticut. Il est assez peu connu, mais heureusement The American Show est là pour vous parler de lui et surtout de son très bon album « Immigrants… And Other Americans », sorti en 2011 sur le label Prospect Hills Words.

Autant le dire de suite, sa voix n’est pas des plus conventionnelles. Beaucoup auront parfois l’impression que son chant est fragile et à la limite de la justesse. Mais ce timbre tiraillé n’en est pas moins parfaitement maitrisé et donne un charme certain à des histoires subtiles et profondes.

D’un point de vu musical, les arrangements choisis pour cet album en font véritablement sa force. Tout est fait pour donner de l’ampleur au texte avec une certaine volupté. Une rondeur que l’on doit surtout à une basse présente tout au long de l’album. On rajoute par moment un piano pour un côté délicat comme sur « (I’m Searching For) Gold Mountain » ou un Saxo, instrument sexy et cosy par excellence, dans « The Flood » ou « Where Am I Going Wrong ? ».


C'est tout un ensemble d'univers et d'ambiances qui sont contenu sur ce CD. S'il est principalement mélancolique, on se retrouve parfois dans des rythmiques beaucoup plus appuyées ("Something Is Out There"), des titres graves ou plus printaniers ("A Different Mirror"). Petit coup de projecteur également au côté un peu Gospel de "Mournful Strains".

C’est cette alchimie entre textes poétiques, voix sur le fil et orchestration somptueuse qui donne à cet album tout son cachet. Le genre de CD qu’il faut écouter lové au fond de son fauteuil préféré en fermant les yeux. 16 titres de Steve Mednick qu’on vous recommande chaudement.

mercredi 30 janvier 2013

La force tranquille

Voici un album dont nous parlions déjà il y a quelques temps dans notre émission mais un petit article manquait ici pour vous présenter le deuxième opus de Billy White, Jr : "Just Another Sad Ol' Song" (2012).


Il s’agit d’un vrai album country plutôt Honky Tonk dans l’ensemble. Le duo guitare / pedal-steel donne le ton tout au long des dix titres à quelques exceptions près. Car à certains moments Billy White pose sa voix fragile et infiniment calme sur quelques ballades judicieusement réparties dans la liste comme « The Most Important Work » ou « We Had Our Lives All Planned ».

Sa voix, puisque nous l’évoquons, est en effet un havre de paix tout au long du CD. Jamais elle ne devient agressive ou poussive même dans les moments plus énergiques, mais au contraire garde un certains flegme rassurant. Une force tranquille, la voix d’un homme sage et posé, un peu comme la pochette semblait nous l’annoncer, voila ce qu’on trouve une fois l’album dans la platine.

Mais ne nous fions pas aux apparences car cette image un peu tristoune cache également des élans musicaux beaucoup plus actifs. « Don’t Leave Me Standing Here » qui ouvre le bal, « Nothing New » très Honky Tonk où la guitare prend vie dans son interaction avec le pedal-steel dans la plus pure tradition et forme de cette façon la base d’un album qui sait faire la balance pour obtenir un équilibre parfait. Ainsi on peut se permettre quelques sorties de route avec des titres plus rock (« The Future Ain’t What It Used To Be »), country-root (« The Train Leaves This Morning ») ou même carrément une véritable cowboy song (« What Does It Take to Be a Cowboy »).

Enfin on prendra également le temps d’apprécier un excellent instrumental, chose assez rare dans les albums country, avec « Brunagulax » qui nous transporte réellement dans l’ambiance cahoteuse d’un vrai bar Texan.

Enregistré dans le Lonestar State (le Texas) sur le label Ayemaydah Records, ce CD réussit, sans révolutionner le style, à en être un excellent représentant qui ne trahit pas sa musique tout en nous entrainant avec bienveillance tout au long des 10 titres qui nous sont proposés. Comme on dit là-bas, « Hat’s Off » !

jeudi 24 janvier 2013

Allons-y !

Cela faisait quelques temps déjà que je voulais vous parler de cet album, "Let's Go" du groupe The Nitty Gritty Dirt Band, sorti en 1982 chez Liberty Records.

Il fait parti de ces albums un peu oubliés, éffacés par d'immenses succès. Il faut dire que The Nitty Gritty c'est une carrière de plus de quatre décennies, quatorzes changement de formation et deux grand succès : leur reprise de "Mr. Bojangles" et l'album "Will The Circle Be Unbroken". Pourtant "Let's Go" c'est le retour du groupe vers la Country Music de ses succès après une période plus pop-rock. Serait-ce un retour au sources ? Pas vraiment.

Nous sommes donc dans les années 1980, époque où la country s'ouvre de plus en plus à la musique pop, au grand désespoir des puristes. Pourtant le succès de la recette (le groupe Alabama en tête) pousse de plus en plus d'artistes à tenter l'experience. Ainsi The Nitty Gritty, qui était à ses début dans les années 1960 un groupe de folk des plus traditionnalistes, s'embarque avec le producteur Richard Landis dans un projet beaucoup plus moderne. Landis, qui a également travaillé avec Vince Gill et même Tina Turner s'est fait une réputation de savant arrangeur dans la Country-Pop. Sur l'album dont il est question ici, on le retrouve aux claviers et la batterie, parmi un grand nombre de musiciens de studio venus en renfort de la neuvième formation du Nitty Gritty Dirt Band :
  • Jeff Hanna : voix, guitare
  • Jimmie Fadden : mandoline, percussions
  • James Ibbotson : voix, mandoline, percussions
  • John McEuen : voix, banjo, pedal-steel, mandoline
  • Bob Carpenter (qui n'est pas encore crédité comme membre officiel du groupe) : claviers

"Let's Go" nous propose donc en substance une majorité de ballades aux textes soignés dans leur tradition folk et des arrangements méticuleux faisant la part belle aux claviers, années 1980 obligent. Dans ce cocktail douillet et parfois sirupeux, les titres plus dynamiques sortent du lot et se font finalement les étendards de l'album. "Heartaches in Heartaches", "Maryann", ou même "Let's Go" nous entrainent avec autant de talent qu'un "Song Of The South" d'Alabama. Insolite dans ce travail, le morceau "Don't Get Sand In It", beaucoup plus boogie, nous donne l'impression d'une Jam Session avec des airs de Allman Brothers.

Alors, il est vrai qu'il ne s'agit pas du meilleur disque du groupe. Il ressemble, pour être honnête, un peu aux compositions à succès de l'époque et est un peu loin de leur musique de prédilection, une sorte d'entre-deux Country/Pop-Rock. La pochette n'a franchement rien d'une réussite. Son bleu presque monochrome qui laisse entrevoir une photo sciemment effacée n'attire en rien le regard et nous donne l'impression d'avoir subi les affres du temps.


Malgré cela, The Nitty Gritty Dirt Band sait ici tenir le cap d'une musique, datée peut-être, mais qui ne démerite pas pour autant, la marque des grands groupes pourrait-on dire. Enfin, si j'ai choisi de vous parler de cet album c'est aussi parce qu'il n'est pas facile à trouver n'étant plus édité et de plus en plus rare chez les disquaires et même sur internet. Une chance pour vous, auditeurs de The American Show, qui avez le privilège de pouvoir l'écouter dans notre émission.

mercredi 9 janvier 2013

"Kin, Songs by Mary Karr & Rodney Crowell"

Voilà un artiste éminement reconnu dans l'industrie musicale américaine qui s'associe à une auteure de grand talent. Cela nous donne des faiseurs de tubes !

Des morceaux dans l'ère du temps, des mélodies accrocheuses, autrement dit des titres qu'on ne se lasse pas de réentendre. Nos deux compères ont sorti en Juin 2012 l'album "Kin, Songs by Mary Karr & Rodney Crowell" signé par le label Vanguard Records et produit par Joe Henry.


Il s'agit déjà en soi d'un projet musical orginal mais le sel de cet enregistrement vient de son casting. Et oui, c'est un paquet de guests qui se bousculent au portillon pour interpréter les chansons de Mary Karr et Rodney Crowell. Vous pourrez trouver en vrac : Kris Kristofferson, Rosanne Cash, Lucinda Williams, Emmylou Harris et bien d'autres encore.

En somme, c'est un joli projet collégial à écouter et à se procurer. Nous en tout cas on va continuer à le faire tourner dans nos playlists.

En bonus un morceau de Rodney Crowell de 2003 : Earthbound.